• Thomas Suau

Lumière sur Hong Kong

Dans le cadre de l’édition 2021 du Festival Lumière, le Zola projettera le lundi 11 mai, Infernal Affairs, thriller hongkongais de Andrew Lau et Alan Mak, sorti en 2002. La séance sera présentée par Antonin Baudry, réalisateur du film Le Chant du Loup et auteur de la BD à l'origine du film Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier. Le film, qui met en scène Andy Lau et Tony Leung Chiu-wai, tous deux respectivement infiltrés sous couverture au sein de la police et de la mafia, renoue avec le Festival Lumière, après avoir été projeté précédemment lors de l’édition 2017. Largement plébiscité, Infernal Affairs résonne avec l’évolution que connait Hong Kong lors des années précédant sa sortie en 2002.



À la fin des années 1990, « la perle de l’Orient » vit différents changements, politiques et culturels. D’abord, la rétrocession en 1997 du territoire du Royaume Uni à la Chine, va chambouler la société hongkongaise. Elle concorde avec une fuite des talents, notamment de ceux qui avaient marqué l’Âge d’or du cinéma local des années 80, comme Ringo Lam, Tsui Hark et surtout John Woo, partis tenter leur chance à Hollywood. Le territoire, déjà mouvementé, était aussi à l’aube d’une crise sanitaire importante, face à l’épidémie du SRAS-Coronavirus de 2002, dont les prémices et la panique étaient semblables à ce que nous avons pu connaître en mars 2020, avec heureusement moins de répercussions mondiales. Infernal Affairs intervient alors comme l’événement culturel marquant, l’œuvre qui viendra redonner à ce cinéma son éclat d’antan, après des années où le piratage et la crise économique avaient ravagé les ambitions d’une industrie locale qui n’était plus que l’ombre d’elle-même.


L’histoire racontée est celle de deux hommes que tout oppose et dont les destinées vont prendre des chemins symétriques. Séparés lors de l’école policière, ils vont être tous les deux condamnés à mener une double vie. Le premier, Ming (Andy Lau), a infiltré la police pour le compte d’une organisation criminelle. Le second, Yan (Tony Leung), a pris le chemin inverse pour pénétrer dans cette organisation et endosser le rôle de taupe. Dans la guerre entre la police et la pègre, ils vont mener un duel impitoyable au risque de leur vie et face à leurs dilemmes moraux les plus profonds…




Dans ce secteur en perdition, Andrew Lau et Alan Mak ont su mettre toutes les chances de leur côté. Les réalisateurs ont produit un scénario bien ficelé, solide, puis ont su convaincre et réunir deux vedettes du cinéma hongkongais ayant vu dans ce projet l’occasion de rendre au cinéma local ses lettres de noblesse. Les feux sont alors tous passés au vert : un budget conséquent, une bonne organisation et une aide des autorités pour faciliter le tournage dans l’étroitesse de la ville, là où seuls des grands noms comme Wong Kar-wai ou John Woo pouvaient bénéficier d’un tel confort.


L’équipe sait ce qu’elle doit à leur territoire, et si le film a été tant acclamé, c’est aussi, sans doute, parce qu’il est profondément imprégné de la culture locale. Des crises contemporaines à l’influence des triades dans tous les secteurs d’activité, jusqu’à l’industrie cinématographique, le long-métrage porte en lui les stigmates d’une période tourmentée. Il a su capter l’âme de la péninsule et retranscrire dans ses plans l’atmosphère qui régnait dans les rues de la ville. Ajoutez à cela une mise en scène soignée, une ambiance à mi-chemin entre le polar et le film noir, une histoire parfaitement ciselée qui inspirera Martin Scorsese pour un remake, et vous obtenez une œuvre récompensée à l’international qui viendra se poser en fer de lance du renouveau du cinéma hongkongais.



Retrouvez Infernal Affairs au Cinéma le Zola le lundi 11 octobre 2021 à 20h45 !


Retrouvez la billetterie de l'évènement juste ici.


Pour cerner encore mieux l’univers créé par Andrew Lau et Alan Mak, vous pourrez retrouver le second et le troisième volet de Infernal Affairs dans les salles partenaires du festival.




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