• Clara

nos lyonnaises ont du talent - Clémentine (Cinéma & Politique)

L’Emile est allé dénicher pour vous des talents locaux ! YouTubeuses passionnées par le cinéma, nos trois invitées vidéastes ont pris le temps de répondre à quelques questions pour que nous puissions mieux appréhender leur univers. Politique, horreur, et septième art sont au rendez-vous de cette chronique haute en couleurs. Rendez vous mardi prochain pour rencontrer notre dernière invitée !



Pourriez-vous nous présenter votre chaîne en quelques mots ? Quel est son concept et que voulez-vous transmettre via celle-ci ?

Mon but avec ma chaîne Cinéma et politique est d'ouvrir une fenêtre sur le monde par le biais du cinéma : il s'agit de faire de l'archéologie émotionnelle et de saisir les imaginaires collectifs d'époques en mettant en parallèle l'analyse de films à la description des conditions de production, à la fois historique, social, politique, culturel et économique, qui entourent les films.

C'est pourquoi je traite de films plutôt « anciens », histoire d'avoir le recul nécessaire. Ma vidéo sur L'Inspecteur Harry illustre bien cette volonté.

Avec ma chaîne, je cherche à susciter la réflexion : qu'est-ce qu'un film politique ? Comment le politique s'introduit-il dans un film ?

C'est la raison pour laquelle je souhaite aussi mettre en avant des films fabriqués par des personnes qui étaient politisées comme La Bataille d'Alger.

Pourquoi avoir choisi le format vidéo plutôt qu'un autre ? Comment vous sentez-vous sur la plateforme YouTube et quelles bonnes (ou mauvaises) expériences en retirez-vous ?

Tout simplement parce que je suis monteuse et motion designer de profession. La vidéo est ma passion depuis l'âge de 9 ans.

Les vidéos de la chaîne alternent entre du facecam et des séquences plus montées. J'essaye d'injecter de la narration et de créer des ambiances selon les possibilités qu'offre le montage. Le format podcast m'aurait frustrée pour parler de cinéma, même si j'avais eu un moment dans l'idée de faire un podcast sur le son au cinéma. Le podcast s'appelait "le sifflement d'un train" en référence à une phrase que disait Robert Bresson dans un entretien : « Le sifflement d’une locomotive, par exemple, peut évoquer, imprimer en vous la vision de toute une gare, parfois d’une gare précise, que vous connaissez, parfois de l'atmosphère d'une gare, ou d’une voie de chemin de fer, avec un train arrêté... »

J'ai écrit plusieurs épisodes mais je ne les ai pas enregistrés.

J'avais déjà une autre chaîne YouTube auparavant, ce qui m'a probablement aidée à mieux appréhender ma nouvelle chaîne, Cinéma et politique. Je connaissais donc les bons et les mauvais côtés de YouTube.

Il faut d'une part arriver à compenser le manque de visibilité en faisant de la « communication » par les réseaux sociaux et en comprenant le fonctionnement de YouTube (savoir choisir ses titres, etc.), mais aussi parfois faire face à certains commentaires stupides venant d'inspecteurs des travaux finis.

Quels sont les films qui vous ont donné envie d'ouvrir votre média ? Pourquoi ceux-ci et pas d'autres ?

C'est en fait une vidéo sur ma chaîne précédente qui m'a décidée à créer Cinéma et politique. Cette vidéo portait sur le western spaghetti et comment une partie de sa production était traversée par les préoccupations politiques de son temps : l'insurrection armée, l'anti-fascisme, l'anti-impérialisme et le tiers-mondisme.

La passion qui m'a animée lors de la fabrication de la vidéo et son « succès » (proportionnel à la taille de ma chaîne) m'ont poussée à créer une nouvelle chaîne pour allier mes deux passions : le cinéma et la politique.

Je pense que ma chaîne, par rapport à la production globale de vidéos sur le cinéma sur YouTube, permet d'apporter une autre vision et un autre angle d'analyse des films (car il s'agit d'éviter une lecture purement formaliste et auteuriste) mais aussi tout simplement de parler de films qui n'auraient probablement pas fait l'objet de vidéos sur YouTube (La Voix de son maître, Octobre à Paris, Pain et Chocolat).

Si vous aviez un mot à faire passer à celles et ceux qui souhaitent se lancer dans l'aventure YouTube, lequel serait-ce ?

Il y aurait beaucoup de choses à dire...

Je dirai, tout simplement, vu que la question de la légitimité revient beaucoup chez les personnes souhaitant se lancer sur YouTube : regardez une vidéo de l'éditorialiste Christophe Barbier. Par exemple, celle où il fait du rap.

Votre sentiment d'illégitimité devrait s'envoler.

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